La retenue de garantie plafonne à 5 % du montant des travaux et ne peut être exercée que si le marché la prévoit. Elle se libère un an après la réception, automatiquement, sauf si le maître d’ouvrage a formulé des réserves par écrit et les a notifiées avant l’expiration du délai. L’entreprise peut aussi l’éviter dès le départ en fournissant une caution bancaire de même montant.
Sur un chantier lyonnais comme ailleurs, c’est la ligne qui traîne le plus longtemps dans les comptes d’une entreprise. Elle représente peu de chose sur un lot, beaucoup en cumulé, et elle obéit à des règles précises que les deux parties connaissent souvent mal.
Que permet exactement la retenue ?
Il s’agit d’une somme conservée par le maître d’ouvrage pour garantir l’exécution des travaux de reprise si des réserves sont formulées à la réception. Elle est plafonnée à 5 % du montant des travaux, tous avenants compris. Pour aller plus loin, le calcul d’une révision de prix par situation détaille comment les montants révisés entrent dans la base de cette retenue.
Elle doit être prévue au marché : sans clause écrite, elle ne peut pas être appliquée. Les sommes retenues ne restent pas à la disposition libre du maître d’ouvrage : elles sont consignées, et destinées à être restituées.
Elle ne se confond pas avec un solde impayé. Une retenue exercée au-delà de 5 %, ou sans base contractuelle, constitue un défaut de paiement ordinaire, avec les intérêts de retard qui s’y attachent.
Le délai d’un an et son point de départ
Le compte à rebours démarre à la réception des travaux, matérialisée par le procès-verbal. C’est donc ce document qui fixe tout : sans réception formalisée, la mécanique se grippe.
À l’expiration du délai d’un an, les sommes sont libérées de plein droit si aucune réserve n’a été notifiée par écrit. L’entreprise n’a pas à justifier quoi que ce soit : c’est au maître d’ouvrage d’avoir agi avant l’échéance.
Si des réserves ont été formulées à la réception puis levées avant la fin du délai, la retenue doit être restituée dès la levée. Le procès-verbal de levée des réserves est la pièce qui déclenche le paiement.

La caution bancaire, alternative méconnue
| Étape | Délai | Effet |
|---|---|---|
| Signature du marché | — | La clause de retenue doit y figurer |
| Situations de travaux | Au fil du chantier | 5 % maximum retenus et consignés |
| Réception | Jour J | Point de départ du délai d’un an |
| Réserves éventuelles | À la réception | Doivent être écrites au procès-verbal |
| Levée des réserves | Dès reprise | Libération immédiate de la retenue |
| Échéance d’un an | 12 mois après réception | Libération de plein droit sans réserve notifiée |
L’entreprise peut substituer à la retenue une caution personnelle et solidaire délivrée par un établissement financier, pour le même montant. Le maître d’ouvrage ne peut pas la refuser si elle est conforme.
L’intérêt est immédiat : l’entreprise encaisse l’intégralité des situations et améliore sa trésorerie. Le coût de la caution se compare alors au coût du portage de 5 % pendant plus d’un an — souvent à l’avantage de la caution sur les gros marchés.
Cette substitution se demande au moment de la signature du marché ou en cours d’exécution, et se formalise par écrit.
Obtenir la libération des fonds
- Vérifier la date de réception sur le procès-verbal, et calculer l’échéance.
- Contrôler l’existence de réserves et leur notification écrite.
- Adresser une demande de libération à l’échéance, par écrit, avec copie du procès-verbal.
- Relancer par lettre recommandée en cas de silence, en rappelant le plafond légal et le délai.
- Chiffrer les intérêts de retard, qui courent de plein droit sur les sommes dues.
Recouvrer quand le maître d’ouvrage ne paie pas
Le silence est fréquent, et l’entreprise renonce parfois faute de temps. C’est une erreur : la créance est claire et documentée, et le recouvrement passe par des voies rapides.
Après mise en demeure, une procédure d’injonction de payer permet d’obtenir un titre exécutoire sans audience contradictoire préalable, sur pièces. Sur les marchés publics, un interlocuteur supplémentaire existe pour tenter une résolution amiable avant contentieux.
Dans tous les cas, la traçabilité écrite du chantier — procès-verbal, réserves, levées, échanges — décide de l’issue. C’est le prolongement direct de ce que nous détaillons sur le procès-verbal de réception.
Distinguer la retenue des garanties légales
La retenue de garantie est une sûreté financière contractuelle. Elle n’a rien à voir avec la garantie de parfait achèvement, qui dure également un an mais oblige l’entreprise à reprendre les désordres signalés, ni avec la garantie décennale.
Une retenue libérée ne dégage donc en rien l’entreprise de ses responsabilités : les garanties légales continuent de courir, indépendamment des sommes restituées.
Quel est le montant maximal d’une retenue de garantie ?
5 % du montant des travaux, avenants compris. Au-delà, il ne s’agit plus d’une retenue mais d’un impayé.
Quand la retenue doit-elle être libérée ?
Un an après la réception des travaux, de plein droit, si aucune réserve n’a été notifiée par écrit avant l’échéance.
Peut-on éviter la retenue ?
Oui, en fournissant une caution bancaire personnelle et solidaire du même montant. Le maître d’ouvrage ne peut pas la refuser si elle est conforme.
Que faire si le maître d’ouvrage ne restitue rien ?
Mise en demeure par lettre recommandée, puis injonction de payer sur la base du procès-verbal de réception. Les intérêts de retard courent de plein droit.
Réserves levées : faut-il attendre un an ?
Non. Dès la levée des réserves, la retenue doit être restituée, sur la base du procès-verbal de levée.
La retenue remplace-t-elle la garantie de parfait achèvement ?
Non. Ce sont deux mécanismes distincts : l’un est une sûreté financière, l’autre une obligation de reprise des désordres signalés pendant un an.
Sortez le procès-verbal de réception de vos chantiers de l’an dernier et calculez les échéances : les sommes libérables de plein droit dorment souvent chez le maître d’ouvrage faute d’une simple lettre.
Légifrance, loi relative à la retenue de garantie en matière de marchés de travaux : plafond, consignation, délai de libération et substitution par caution, consultée le 19 septembre 2026.
C’est le prolongement direct du procès-verbal de réception.
Comme pour le compte prorata, tout repose sur ce que le marché a prévu par écrit.
Les reprises demandées au titre des réserves s’apprécient au regard des DTU applicables.
La retenue s’applique lot par lot, du gros œuvre au second œuvre.
Sa libération suppose que les réserves soient levées : voyez le délai et la procédure de levée.
