Métropole de Lyon · lots, normes, chantier Bâtiment Lyon Les lots
Grues de chantier au-dessus d'un immeuble
Conduite de chantier

Formule de révision de prix : calcul, index BT et exemple

Par · 14 octobre 2026 · 12 min de lecture

Une formule de révision de prix fait varier le prix d’un marché pendant son exécution, selon l’évolution d’un ou plusieurs indices. Elle n’existe que si le marché a été conclu à prix révisable : la clause doit alors fixer la date du prix initial, les modalités de calcul et la périodicité. Dans le bâtiment, la formule type applique au prix initial le rapport entre l’index BT du mois de révision et celui du mois de départ. Sur un marché de 10 000 € HT, un coefficient de 1,024 ajoute environ 2,4 % au montant des travaux du mois.

Le prix d’un marché de travaux est figé à la remise de l’offre, alors que l’acier, le bois ou la main-d’œuvre bougent pendant des mois. La formule de révision est l’outil qui répartit ce risque entre l’acheteur public et l’entreprise.

Les repères de cette page viennent de la fiche marchés publics n° 16 de la CAPEB, de la définition publiée par marche-public.fr à partir du code de la commande publique, et du guide de Youtrust daté de mars 2026, relevés le 14 octobre 2026.

Qu’est-ce qu’une formule de révision de prix ?

Quand le prix est révisable, le code de la commande publique impose, à l’article R2112-13, de fixer dans les clauses du marché la date d’établissement du prix initial, les modalités de calcul de la révision et sa périodicité. Ces modalités se choisissent de trois façons : une référence à partir de laquelle on ajuste le prix, une formule représentative de l’évolution du coût de la prestation, ou une combinaison des deux.

La formule ne retient que les éléments du coût de la prestation, et peut inclure un terme fixe. Ce terme n’est plus obligatoire : l’ancien code de 2001 exigeait un minimum de 12,5 % du prix initial, règle qui ne figure plus dans les textes en vigueur.

Pas de révision par défaut

Selon Youtrust, il n’existe aucune révision automatique : elle n’existe que si le marché la prévoit, en général dans le CCAP ou l’acte d’engagement, en cohérence avec le CCAG applicable. Sur le CCAG, voir notre fiche sur le CCAG Travaux 2009.

Youtrust résume le cadre en trois piliers : la date d’établissement du prix initial, souvent notée P0 ou I0, les modalités de calcul, et la périodicité d’application. Sans l’un des trois, la clause est fragile et difficile à appliquer. La périodicité peut être mensuelle, trimestrielle ou annuelle.

Quelle forme de prix choisir : ferme, actualisable ou révisable ?

C’est le maître d’ouvrage public qui décide de la forme du prix. La CAPEB rappelle qu’un marché est conclu à prix ferme quand cette forme n’expose pas le titulaire à des aléas économiques majeurs, comme des mouvements de prix brusques et imprévisibles.

Forme du prix Variation À privilégier pour
Prix ferme aucune pendant l’exécution marchés courts, prestations peu exposées aux variations de coûts
Prix ferme actualisable une seule mise à jour avant le démarrage marchés où le démarrage risque d’être décalé
Prix révisable périodique, selon indices et formule marchés longs ou phasés, travaux exposés aux aléas de coûts
Les trois formes de prix d’un marché public. Sources : CAPEB, Youtrust.
Infographie : prix ferme, prix ferme actualisable et prix révisable dans un marché public
Le prix ne varie qu’à partir du moment où le marché le prévoit.

Pour un marché de travaux de 18 mois, exposé aux matériaux, au carburant et à la main-d’œuvre, la révision est la forme logique. Un lot court de second œuvre se traite en général à prix ferme. Le marché de travaux publics précise le cadre dans lequel ce choix s’inscrit.

Révision ou actualisation : ne pas confondre

L’actualisation remet à niveau un prix ferme quand l’exécution démarre longtemps après l’offre. Elle a lieu une seule fois, contrairement à la révision, qui suit une périodicité.

La CAPEB fixe la condition : le prix n’est actualisé que si plus de 3 mois séparent la date d’établissement du prix dans l’offre et le début effectif des travaux. Elle se fait aux conditions économiques d’une date antérieure de 3 mois au démarrage. Youtrust renvoie à l’article R2112-11 du code de la commande publique.

La formule d’actualisation est plus courte que celle de la révision : P = Po × [BT(n-3) / BTo], où BT(n-3) est l’index du mois qui précède de 3 mois le démarrage. Si les travaux commencent le 20 avril, on prend l’index de janvier, d’après l’exemple de la CAPEB.

Écrire la formule type et ses variantes

La plus simple s’écrit P = Po × (BTn / BTo). P est le montant révisé, Po le montant initial, BTn l’index du mois de révision et BTo l’index du mois d’établissement du prix. La CAPEB rappelle que l’index BT est un exemple : tout indice en lien avec l’objet de la prestation peut servir.

  • Formule simple, sans partie fixe : P = Po × (BTn / BTo).
  • Formule avec terme fixe : P = Po × [0,125 + 0,875 × (BTn / BTo)], reprise de l’ancien code, toujours possible mais non obligatoire.
  • Formule paramétrique : P = Po × [x + y × (a M/Mo + b S/So + …)], où le total des coefficients a, b, c est égal à 1 (selon marche-public.fr).
  • Formule à deux indices : par exemple 0,2 de cours du zinc et 0,8 d’index BT34 pour une couverture.

Le bordereau de prix BTP fournit les prix unitaires auxquels ces formules s’appliquent. Le déboursé sec en gros œuvre aide à comprendre quelle part du coût relève de la main-d’œuvre, des matériaux ou du matériel, donc quel indice doit peser.

Calculer pas à pas une situation mensuelle

La révision s’applique en principe à chaque situation mensuelle préparée par l’entreprise. Elle porte uniquement sur le montant des travaux réalisés à la date de présentation de la situation. La CAPEB donne un exemple chiffré : un marché de menuiserie PVC de 10 000 € HT, prix établi en mai 2011, révisé sur la situation d’avril 2012 avec l’index BT51.

  1. Relever le montant des travaux du mois : 5 000 € HT.
  2. Prendre l’index BT51 au mois d’établissement du prix : 155,9.
  3. Prendre l’index BT51 du mois de révision : 159,6.
  4. Calculer le coefficient : 159,6 / 155,9 = 1,024.
  5. Multiplier : 5 000 × 159,6 / 155,9 = 5 118,67 € HT (le coefficient 1,024 est arrondi).
Infographie : calcul d'une révision de prix, 5 000 euros multiplié par 159,6 sur 155,9, soit 5 118,67 euros HT
Le calcul de la CAPEB, détaillé index par index. Les valeurs datent de 2011 et 2012 et servent d’illustration.

Le gain est de 118,67 € sur la situation d’avril, soit 2,4 % environ. Sur un chantier de plusieurs mois, l’écart se cumule situation après situation. Les montants révisés se retrouvent ensuite dans le solde, la retenue de garantie et le décompte final.

L’exemple ci-dessus est volontairement sans partie fixe. Avec le terme fixe de 0,125, le même coefficient de 1,024 ne s’appliquerait qu’à 87,5 % du montant : le résultat serait donc plus faible. C’est pourquoi il faut toujours lire la clause du marché avant de calculer, car elle indique la méthode à appliquer.

Choisir les indices et gérer leur décalage

Pour les travaux, Youtrust recommande les indices de la construction publiés par l’INSEE, dits BT pour le bâtiment et TP pour les travaux publics. L’indice doit correspondre à la nature de l’ouvrage : un index de couverture pour un lot couverture, un index gros œuvre pour une structure.

Les index BT sont souvent publiés avec 3 ou 4 mois de retard, signale la CAPEB. Au 23 juillet 2012, par exemple, les index d’avril n’étaient pas encore connus. Deux méthodes existent alors : la révision provisoire, qui s’appuie sur les derniers index connus, puis une nouvelle révision quand la valeur définitive paraît.

Youtrust recommande aussi de prévoir une clause de substitution d’indice, pour le cas où l’INSEE change la base d’une série ou l’arrête. Il cite le passage de l’indice des prix à la consommation de la base 2015 à la base 2025 comme exemple de changement de base à anticiper. Sans cette clause, le marché peut se bloquer à la première révision suivante.

Méthode Index utilisé Suite
Révision définitive valeur définitive du mois aucune régularisation
Révision provisoire derniers index connus à la date de la révision nouvelle révision quand l’index définitif est publié
Deux façons de gérer le décalage de publication, à lire dans la clause du marché. Source : CAPEB.

Que faire quand une matière première s’envole ?

Quand le prix d’un matériau pèse lourd, un index général peut sous-estimer le risque. La CAPEB cite l’exemple du zinc : l’index BT34 de couverture lui attribue 35 % de sa composition, alors que le métal pouvait représenter près de la moitié des coûts d’un marché. L’acheteur peut alors ajouter l’indice du cours du zinc à la formule, pondéré à 0,2 contre 0,8 pour le BT34.

L’ancien code des marchés publics prévoyait même, pour les marchés de plus de 3 mois reposant sur une part importante de matières premières, une clause référencée aux indices officiels de ces cours. La fiche précise qu’une telle clause doit être rédigée avec soin, pour qu’une baisse soudaine ne se retourne pas contre l’entreprise.

Rédiger la clause sans prêter à litige

Youtrust relève trois fragilités qui reviennent : une périodicité floue ou absente, un indice mal défini (nom exact, série, base), et une date de référence P0 ou I0 mal cadrée. Le changement de base d’un indice par l’INSEE est un cas typique : sans précision, la formule devient ambiguë.

  • Date d’établissement du prix initial : mois de remise de l’offre, de notification ou mois fixé au CCAP.
  • Indice : intitulé exact, organisme, base et série.
  • Formule : coefficients, parties fixe et variable, règles d’arrondi.
  • Périodicité : mensuelle, trimestrielle ou annuelle.
  • Substitution : que faire si l’indice est modifié ou arrêté.

Si la clause évolue en cours de marché, la modification passe par un avenant de marché public, avec ses six cas et ses limites. Les montants globaux sont à rapprocher des seuils des marchés publics de travaux.

Ce que change la révision sur un chantier lyonnais

Pour un lot sur une opération de la métropole, la révision se lit comme une ligne de plus dans la situation mensuelle. L’entreprise la calcule, l’indique et la justifie avec les valeurs d’index du mois. Le maître d’œuvre la vérifie avant de proposer le règlement.

Trois réflexes évitent les blocages : connaître la clause avant de signer, suivre la publication des index mois par mois, et conserver le calcul avec la situation. Une révision oubliée n’est pas rattrapable à la fin de l’opération, au moment du PV de réception et du décompte général.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une formule de révision de prix ?

C’est le calcul prévu au marché pour faire évoluer le prix pendant l’exécution, en fonction d’un ou plusieurs indices représentatifs des coûts. Elle n’existe que si le marché est à prix révisable.

Quelle différence entre révision et actualisation ?

L’actualisation corrige une seule fois un prix ferme quand plus de 3 mois séparent l’offre du démarrage. La révision s’applique pendant l’exécution, à une périodicité prévue par le marché.

Un terme fixe est-il obligatoire dans la formule ?

Non. Le terme fixe de 12,5 % imposé par l’ancien code de 2001 n’est plus obligatoire depuis le code des marchés publics de 2006. Il reste une possibilité pour l’acheteur.

Quels indices utiliser pour des travaux de bâtiment ?

Les indices INSEE de la construction, BT pour le bâtiment et TP pour les travaux publics, choisis selon l’objet de la prestation, avec leur nom exact et leur base indiqués dans la clause.

Que faire si l’index du mois n’est pas encore publié ?

Si la clause le prévoit, on pratique une révision provisoire avec les derniers index connus, puis une nouvelle révision quand la valeur définitive paraît. Les index BT sont souvent publiés avec 3 ou 4 mois de décalage.

La révision porte-t-elle sur tout le marché ou sur chaque situation ?

En principe sur chaque situation mensuelle, et uniquement sur les travaux réalisés à la date de la situation. Il faut vérifier la fréquence indiquée dans le marché.

Avant de signer un marché à prix révisable, relisez la clause avec trois questions : quel indice exact, quelle date de départ, quelle périodicité. Notez les index du mois sur chaque situation. Gardez la feuille de calcul avec la facture, elle servira en cas de contestation.

Source

CAPEB, Fiche marchés publics n° 16 : l’actualisation et la révision de prix en marchés publics : formules d’actualisation et de révision, exemple chiffré avec l’index BT51, publication des index, clause matières premières.

Portrait de Sylvain Chomarat
Conducteur de travaux puis maître d'œuvre

Quinze ans de réunions de chantier dans la métropole de Lyon. Ce carnet reprend ce que je répète à chaque opération.

Le rédacteur · Charte éditoriale · Signaler une erreur

Publié le 14 octobre 2026 · dernière vérification le 14 octobre 2026.