Une trappe de désenfumage, ou DENFC, évacue en toiture les fumées et la chaleur d’un incendie pour garder praticables les cheminements d’évacuation. Dans un établissement recevant du public, le règlement de sécurité l’exige notamment pour les locaux de plus de 300 m² en rez-de-chaussée et en étage, ou de plus de 100 m² en sous-sol ou sans ouverture sur l’extérieur. Elle se commande à distance, se vérifie chaque année et se réarme après tout déclenchement.
Sur un chantier lyonnais, la trappe de désenfumage apparaît tard dans les plans et tôt dans les réserves. Elle relève à la fois du lot couverture, du lot électricité ou sécurité incendie et du bureau de contrôle. Mieux vaut savoir ce que le règlement impose avant d’en discuter le prix.
Qu’est-ce qu’une trappe de désenfumage ?
C’est une ouverture en toiture, commandée, qui laisse s’échapper les fumées chaudes accumulées en hauteur. Le terme technique est DENFC, pour dispositif d’évacuation naturelle de fumées et de chaleur. On parle aussi d’exutoire de fumée ou de lanterneau de désenfumage : ce sont des variantes du même principe.
Ces dispositifs répondent à la norme européenne EN 12101-2. L’exploitation et la maintenance renvoient à la norme NF S 61-933, que le règlement de sécurité cite. La trappe n’est qu’une partie du désenfumage : le règlement prévoit aussi un désenfumage mécanique avec ventilateurs et réseaux de gaines.
À quoi sert le désenfumage dans un bâtiment ?
Le règlement de sécurité contre l’incendie des ERP donne l’objectif dans son article DF 1 : extraire, en début d’incendie, une partie des fumées et des gaz de combustion pour maintenir praticables les cheminements destinés à l’évacuation du public. Le désenfumage peut aussi limiter la propagation de l’incendie et faciliter l’intervention des secours.
L’article DF 3 distingue deux principes de réalisation, naturel ou mécanique. Le désenfumage peut se faire par balayage de l’espace à maintenir praticable, par différence de pressions, ou par une combinaison des deux. Une trappe relève du désenfumage naturel, qui s’appuie sur le tirage thermique et une amenée d’air.
Dans quels cas une trappe est-elle exigée ?
Les seuils de l’article DF 7 concernent les locaux accessibles au public. Ils s’appliquent d’abord à la surface, puis à la position du local dans le bâtiment. Le désenfumage peut alors être réalisé par tirage naturel (trappes) ou mécanique.
| Local | Seuil | Désenfumage |
|---|---|---|
| Sous-sol | Plus de 100 m² | Exigé, naturel ou mécanique |
| Rez-de-chaussée ou étage | Plus de 300 m² | Exigé, naturel ou mécanique |
| Local sans ouverture sur l’extérieur (porte ou fenêtre) | Plus de 100 m² | Exigé, naturel ou mécanique |
| Trois niveaux communicants au plus | Plus de 300 m² de planchers cumulés | Désenfumé comme un local unique |
Les circulations horizontales encloisonnées ont leurs propres règles (DF 6). Elles sont désenfumées si elles dépassent 30 mètres, si elles sont desservies par des escaliers en surpression, si elles desservent des locaux réservés au sommeil ou si elles sont en sous-sol. Les halls sont traités comme des circulations, sauf quand ils dépassent 300 m² ou que le désenfumage des circulations du niveau est exigé.
Pour les escaliers, le désenfumage ou la mise à l’abri des fumées est obligatoire quand ils desservent plus de deux niveaux en sous-sol, mais pas pour les parcs de stationnement. Le type d’établissement et sa catégorie ajoutent leurs propres dispositions : voir la réglementation incendie des ERP pour la logique de classement.


Comment une trappe s’ouvre-t-elle en cas d’incendie ?
Le déclenchement est automatique, manuel, ou les deux. En automatique, un système de sécurité incendie (SSI) commande l’ouverture quand la détection signale fumée ou chaleur. En manuel, un témoin actionne une commande placée à un endroit accessible : un boîtier mural à briser ou un treuil.
Trois technologies d’ouverture existent. Le choix dépend de l’alimentation disponible et du niveau d’intégration au SSI.
| Commande | Principe | Point fort |
|---|---|---|
| Pneumatique | Une cartouche de CO2 percutée pousse un piston qui ouvre la trappe | Fonctionne sans courant |
| Électrique | Un moteur piloté par le SSI actionne un vérin ou une chaîne | S’intègre au SSI, essais automatisés |
| Mécanique | Un câble relié à un treuil, tendu en position d’attente | Simple, robuste |
Quand le désenfumage naturel dépend d’une alimentation pneumatique de sécurité, l’article DF 3 impose que la réserve d’énergie suffise à mettre en sécurité les deux zones de désenfumage les plus contraignantes. Et quand le désenfumage se déclenche, la ventilation mécanique, sauf VMC, doit être interrompue dans le volume concerné, à moins qu’elle ne participe au désenfumage.
Réarmer ou refermer une trappe après un essai
Une trappe qui s’est ouverte, lors d’un essai, d’une maintenance ou d’une fausse alarme, ne se remet pas toute seule en veille. Elle expose le bâtiment à la pluie et aux intrusions tant qu’elle reste ouverte. Le réarmement relève du personnel formé ou d’un technicien.
- Système pneumatique : refermer le dôme, remplacer la cartouche de CO2 percutée, puis réarmer le percuteur.
- Système mécanique : retendre le câble au treuil, ce qui referme la trappe et la verrouille en position d’attente.
- Système électrique : commande inverse depuis le boîtier de contrôle ou le SSI.
Une manipulation incorrecte peut endommager le mécanisme et rendre la trappe inopérante au sinistre suivant. Cette étape se prévoit donc dans le plan de maintenance, avec le nom de la personne habilitée.
Entretien et vérification annuelle
L’article DF 9 impose un entretien périodique par un personnel compétent : sources de sécurité, éléments mécaniques et électriques selon les prescriptions des constructeurs, système de sécurité selon la notice. Les règles d’exploitation et de maintenance renvoient à l’article MS 69 et à la norme NF S 61-933.
L’article DF 10 ajoute les vérifications techniques, dans les conditions des articles GE 6 à GE 10, avec une périodicité d’un an.
| Point vérifié | Précision |
|---|---|
| Commandes | Fonctionnement manuel et automatique |
| Exutoires, volets et ouvrants | Fonctionnement de chaque dispositif |
| Compartimentage | Fermeture des éléments mobiles participant au désenfumage |
| Ventilation de confort | Arrêt prévu par l’article DF 3, § 5 |
| Ventilateurs de désenfumage | Fonctionnement ; mesures de pression, de débit et de vitesse pour le désenfumage mécanique |
Avec une installation de désenfumage mécanique et un SSI de catégorie A ou B, les vérifications sont effectuées tous les trois ans par un organisme agréé. Cette règle ne concerne pas un ensemble de simples trappes.
Poser une trappe de désenfumage sur un chantier lyonnais
L’article DF 2 liste les documents à fournir : un plan avec les évacuations de fumée, les amenées d’air, les réseaux, les ventilateurs et les commandes, plus une note explicative sur les équipements. Ils entrent dans le dossier de sécurité de l’établissement. Ce dossier se prépare avec le maître d’œuvre et le bureau de contrôle bien avant la couverture.
Les matériels doivent être conformes aux textes et normes en vigueur. Les dispositifs de commande et les coffrets de relayage doivent être admis à la marque NF (article DF 4, § 3). Le recours à l’ingénierie du désenfumage reste possible, avec une note d’un organisme reconnu compétent par le ministère de l’Intérieur.
Sur le plan des lots, la trappe traverse l’étanchéité : la coordination couverture, électricité et sécurité incendie se règle dès la préparation, comme décrit dans le plan d’installation de chantier. À la réception, un essai de déclenchement et le réarmement figurent dans le procès-verbal ; voir le PV de réception de chantier et la levée de réserves pour ce qui reste à reprendre.
Les erreurs qui reviennent sur les chantiers
- Une commande manuelle cachée par un rangement ou dépourvue de pictogramme : elle doit rester visible et accessible.
- Une ventilation de confort qui continue pendant le désenfumage : l’arrêt est prévu à l’article DF 3, § 5.
- Une trappe testée en automatique seulement : le mode manuel doit être essayé séparément.
- Une trappe laissée ouverte après un essai, faute d’un responsable du réarmement.
- Des plans de désenfumage qui ne suivent pas un changement d’usage du local.
Un bâtiment dont l’usage évolue doit revoir son désenfumage. Les règles d’accessibilité, elles aussi, sont à recouper : voir l’accessibilité d’un ERP existant.
Questions fréquentes sur les trappes de désenfumage
Qu’est-ce qu’un DENFC ?
C’est le dispositif d’évacuation naturelle de fumées et de chaleur, le terme technique de la trappe ou de l’exutoire de fumée en toiture. Il relève de la norme EN 12101-2.
À partir de quelle surface faut-il désenfumer un local d’ERP ?
L’article DF 7 vise les locaux de plus de 100 m² en sous-sol, de plus de 300 m² en rez-de-chaussée ou en étage, et de plus de 100 m² sans ouverture sur l’extérieur.
Quelle est la périodicité de vérification ?
Un an, selon l’article DF 10 : commandes manuelles et automatiques, exutoires, ouvrants, compartimentage, arrêt de la ventilation de confort et ventilateurs si le désenfumage est mécanique.
Comment ferme-t-on une trappe après un essai ?
Selon la commande : cartouche de CO2 remplacée et percuteur réarmé en pneumatique, câble retendu au treuil en mécanique, commande inverse en électrique. Le réarmement revient à un personnel formé.
Une trappe peut-elle remplacer tout le désenfumage ?
Non. Le règlement prévoit un désenfumage naturel ou mécanique selon les cas, par balayage ou différence de pressions. La trappe ne couvre que la partie naturelle.
Qui entretient le désenfumage ?
Un personnel compétent, selon l’article DF 9, d’après les prescriptions des constructeurs et la norme NF S 61-933. Les vérifications annuelles suivent les articles GE 6 à GE 10.
Avant la réception, demandez les plans de désenfumage, la notice de chaque commande et le nom de la personne qui réarmera les trappes après l’essai. Faites déclencher les commandes manuelles et automatiques devant vous, puis consignez le résultat au procès-verbal. Une trappe qui n’a jamais été essayée est une réserve, pas une conformité.
Règlement de sécurité contre l’incendie dans les ERP (arrêté du 25 juin 1980), Chapitre IV : Désenfumage (articles DF 1 à DF 10), Légifrance, relevé le 7 novembre 2026.
